En Amérique du Sud certains perçoivent les sanctions des États-Unis et de leurs alliés envers le Venezuela comme dirigées uniquement contre les fonctionnaires de ce pays, mais la réalité est toute autre, car les mesures coercitives contre les finances du Venezuela visent à empêcher que s’exécutent des opérations de change pour l’achat d’aliments, de pièces de rechange et aussi de médicaments.
Ces sanctions imposées par l’ex-président Barack Obama et poursuivies de manière féroce par Donald Trump, l’actuel président des États-Unis, se sont accentuées de manière unilatérale générant pour le Venezuela une perte de 20 millions de dollars, ressources qui étaient destinées à acheter des médicaments, comme l’indique Larry Devoe, secrétaire exécutif du Conseil National des Droits Humains.
Le Vénézuélien explique que la perte de ressources est due à l’impossibilité d’effectuer des achats en dollars, à cause des sanctions de Washington contre Caracas, raison pour laquelle l’Exécutif s’est vu contraint stratégiquement de réaliser des transactions dans d’autres devises, et les commissions des paiements renchérissent l’acquisition de produits pharmaceutiques pour une nation qui vit une crise économique profonde.

Durant le Premier Colloque Régional d’Amérique Latine et des Caraïbes sur la voie de l’Egalité pour les 30 Ans de la Convention sur les Droits de l’Enfant, qui s’est tenu fin novembre au siège de la Commission Economique Pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL) à Santiago du Chili, Devoe a indiqué que cette somme perdue est celle que le Venezuela investit chaque année pour acheter des médicaments antirétroviraux afin de garantir le traitement de plus de 60.000 patients souffrant du VIH-SIDA, et qu’elle inclut les vaccins pour les enfants et les adolescents.
Ce n’est pas le seul impact du blocus de Trump sur la population vénézuélienne : l’an passé les traitements acquis par le Venezuela contre la malaria et la rougeole ne sont jamais arrivés, car le fournisseur international sachant que la commande était destinée au Ministère du Pouvoir Populaire pour la Santé en a suspendu l’expédition.
“Des cas semblables sont nombreux”, dit Devoe, répétant que les obstacles bureaucratiques générés par les mesures coercitives unilatérales retardent les importations et augmentent le coût de chacune de leurs opérations.

Maladies chroniques
Le sabotage des États-Unis contre la santé des patients au Venezuela, et le blocus des fonds envoyés à des entités financières à l’étranger, ont empêché l’entrée de 300.000 doses d’insuline dans le pays.
La banque Citibank, dont le siège est situé aux États-Unis, a empêché le Gouvernement vénézuélien d’utiliser ces ressources, aux dépens de plus de 450.000 patients dépendants, selon une note du Ministère de la Santé.
Les enfants souffrant de cancers et soignés à l’Hôpital des Enfants José Manuel de los Ríos, situé dans la municipalité de San Bernardino, à Caracas, requièrent des médicaments pour les traitements oncologiques. À cette fin, le Gouvernement de Nicolás Maduro, a émis un bon de commande et a demandé aux laboratoires Baxter, Abbott et Pfizer, qu’ils leur vendent ces médicaments, mais ceux-ci n’y ont pas donné suite, n’acceptant pas le certificat d’exportation des médicaments vers le Venezuela.

Face à de telles difficultés, des accords ont été conclus avec d’autres pays, dont l’Iran, la Turquie, la Biélorussie, la Russie, l’Inde, parmi d’autres économies émergentes, afin de pouvoir les produire localement. De plus, les fonctionnaires vénézuéliens ont étudié les marchés alternatifs qui permettent de négocier en Petro, une innovation financière qui permet de se passer d’intermédiaires commerciaux.
“Deux fonds sont utilisés, l’un stratégique et l’autre renouvelable, pilotés par l’OPS/OMS [NDT : Organisation Panaméricaine de la Santé/Organisation Mondiale de la Santé] et leurs pays membres ; quand nous cherchons à effectuer une transaction pour acquérir des médicaments, la banque internationale n’accepte pas les fonds provenant du Venezuela, et nous nous voyons dès lors dans l’obligation de rechercher des mécanismes qui nous permettent l’accès à ces produits ”, a expliqué le vice-ministre des Réseaux Ambulatoires, Maiqui Flores dans la programme « Nous Sommes le Pouvoir », transmis par Radio Miraflores 99.5 FM au mois de mai, et cité par le portail web conelmazodando.

