1) Le gros nouveau développement dans la situation : le vote du Parlement Européen reconnaissant non seulement Guaido comme président, mais validant également son programme de transition (qui comprend, cf lien ci-dessous, la privatisation d’entreprises publiques et la fin de toute une série d’actions d’aide sociale, les « missiones »).
La motion votée comprend également la volonté d’approfondir de nouvelles sanctions. Peu importe qu’elles aient été identifiées par d’innombrables acteurs comme des facteurs aggravant la situation économique du pays. Une décision hors de tout droit international, complètement hors du cadre de l’ONU. Un bel exemple que l’Union Européenne n’est pas un « rempart » contre les États-Unis ni un moyen d’une grande diplomatie indépendante. Pensons-y, de quel droit les eurodéputés belges, hongrois ou espagnols vont-ils valider un programme économique d’un pays à des milliers de kilomètres ?
Tout cela découlant, évidemment, d’un suivisme ridicule des positions des USA, qui même lors de la présidence d’Obama (pourtant largement plus modéré que Trump) avaient qualifié le Venezuela de « menace extraordinaire pour la sécurité des USA » (!!!).
2) Un des arguments fondant la décision du P.E. est que les dernières élections présidentielles auraient été frauduleuses. Hélas, c’est cette même Union Européenne qui avait, sur demande de la frange radicale de l’opposition vénézuélienne, REFUSÉ d’envoyer des observateurs.
Les européens partis comme observateurs de leur propre chef, en ce compris plusieurs eurodéputés, sont revenus sans constat de fraude (mais étaient évidemment trop peu nombreux pour une mission d’observation suffisante).
L’UE s’aligne donc, in fine, sur la position de Trump et Bolsonaro. Cette attitude de confrontation va plonger le pays de plus en plus dans dans la violence. Guaido dans une interview refuse d’ailleurs d’exclure la possibilité d’une guerre civile et même d’une intervention militaire étrangère !
De nouveau, dans cette situation si explosive, quoi qu’on pense de Maduro, la médiation est la SEULE possibilité de sortie de crise sans bain de sang. C’est la position des Nations Unies, du Mexique, de l’Uruguay et du Vatican. C’est aussi la position de Jeremy Corbyn, Bernie Sanders, JL Zapatero (ex-PM espagnol), ou même de l’eurodéputé de Groen chez nous B. Staes.
Des signes positifs existent : Maduro a déclaré être prêt à négocier (ce qui a eu lieu depuis deux ans pour finalement être refusé au dernier moment par l’opposition) et même à organiser des élections législatives anticipées!
Honte à la Belgique qui malgré son siège au Conseil de Sécurité s’engage dans la voie dangereuse de l’ingérence et de la violation du droit international.
Dans ce contexte, je suis particulièrement honoré d’avoir co-signé la carte blanche ci-dessous, appelant la communauté internationale à favoriser le dialogue.



