Le calme sous tension

La situation est très complexe : la scène internationale est en place  aujourd’hui plusieurs pays de l’Union européenne ont affirmé qu’ils reconnaissent Juan Guaidó, à commencer par l’Espagne, qui y porte l’agenda latino-américain pour des raisons coloniales et nous attendons qu’ils prennent de nouvelles mesures. L’impact de l’attaque communicationnelle/psychologique est brutal, ils construisent une sensation permanente de siège.

Hier soir, par exemple, on a créé la matrice qu’il y avait déjà des mouvements de troupes à la frontière avec la Colombie alors que rien ne s’était passé. L’attaque fonctionne en plusieurs temps, parfois elle accélère les coups, puis freine, un calme sous tension continu, puis elle s’accélère à nouveau, de telle manière qu’il n’y a jamais de repos, cela génère une usure par une tension permanente, avec les annonces des États-Unis, comme Donald Trump hier qui a dit que l’envoi de troupes militaires au Venezuela est « une option ». Cela permet également de travailler sur des points critiques qui peuvent être en fin de compte distrayants, pour que nous nous concentrions sur un point précis alors qu’ils avancent sur à un autre.
Je suis presque certain d’une chose : s’ils ont armé Guaidó 2.0 et réussi à le faire reconnaître par leurs alliés, c’est qu’ils ont un plan, ils ne vont pas le laisser flotter comme un bouchon diplomatique. Leur plan peut ne pas fonctionner, bien qu’il est également certain qu’ils ont plusieurs plans et aucun scrupule : Guaidó est-il le plat principal du banquet? Y a-t-il été invité ? Il est toujours bon de souligner quelque chose : nous avons eu dix jours de paix dans la rue, quelque chose qui semble également faire partie du plan, la non-usure de la base sociale de la droite et la clarté que ce n’est pas çà qui va définir la question.
« L’aide humanitaire » semble être la prochaine grande étape annoncée, d’où ils tenteront d’unir le front international avec le front national et la force de communication. Déjà le parti pris communicationnel est total, l’agence internationale Reuters Latam, par exemple, a mis Juan Guaidó pour une journée sur sa première page Twitter. Ils vont affirmer que Nicolas Maduro ne laisse pas entrer les médicaments et avec cette image explosive, ils pourraient déclencher un incident. Ce sont des hypothèses, des logiques d’analyse de variables, des territoires, des rapports de force, des stratégies, des acteurs locaux et internationaux. C’est un scénario sans précédent et le plus difficile c’est d’anticiper : nous luttons contre les chefs du cirque qui viennent de prendre des coups au Moyen-Orient, engagés dans des conflits sur plusieurs fronts et plusieurs plans, et ils ont besoin de victoires. Bien que, comme l’a dit un camarade cubain : en fin de compte, ils font des choses similaires, ce qu’ils font au Venezuela est la chose la plus récente qu’ils ont faite sur le continent. Et ils en savent un bout sur la question, ils ont étudié les États-Unis  quelque chose que toute la  gauche, chaque progressiste, devrait faire.
Nous continuons dans le calme sous tension avec des assauts virtuels et Guaidó 2.0. Pendant ce temps la mobilisation d’un chavisme qui, lui, est bien réel continue, cette photo a été prise aujourd’hui dans l’État de Cojedes. Un conseil nécessaire : vérifiez toujours la source lorsque vous recevez des nouvelles du Venezuela. Nous vaincrons.
Marco Teruggi / Traduction : Venesol