Un coup d’État qu’ils appellent démocratie

Devant le soutien des États-Unis et de ses alliés au député Juan Guaidó comme président du Venezuela, auquel s’est joint récemment l’UE et compte tenu du traitement de cette situation par tous les médias, et bien que ce soit simplement à titre individuel nous déclarons que : 1. – Lors du Conseil de Sécurité de l’ONU qui s’est déroulé le samedi 26 janvier à New York, 17 pays seulement ont soutenu une ingérence au Venezuela en faveur du député Guaidó, tandis que 20 pays reconnaissaient la légitimité du président Nicolás Maduro. Pourtant on ne parle que de ceux qui sont contre.

2. – Quand les EU et ses alliés, parmi lesquels l’Espagne, exigent des élections ou, reconnaissent comme président un homme qui n’a été élu dans aucune élection présidentielle, ils s’opposent au Conseil de Sécurité des Nations Unies précité.
3. – Lors des élections du 20 mai 2018, 6 candidats se sont présentés : Nicolás Maduro, Henri Falcón, Javier Bertucci, Reinaldo Quijada, Francisco Visconti Osorio et Luis Alejandro Ratti, bien les deux derniers aient décidé de se retirer au dernier moment.
4. – A l’issue des élections, Nicolás Maduro obtenait 6.248.864 voix qui représentent 67,84 % des suffrages exprimés, tandis qu’Henri Falcón recueillait 1.927.958 voix (20,93 %), Javier Bertucci en obtenait 1.015.895 (10,82 %) et Reinaldo Quijada, à peine 36.246 voix (0,39 %).
5. – La participation a été basse parce que trois partis d’opposition ont décidé de ne pas se présenter pour favoriser l’abstention, croyant que celle-ci serait plus importante que ce qu’elle n’a été et qu’ainsi ils pourraient contester les élections. Tous les observateurs internationaux (plus de 200 de 40 pays, parmi lesquels notre ex-président Sr. Zapatero), ont reconnu que les élections avaient été libres, fiables, conformes à la constitution et parfaitement démocratiques. Pourquoi en réclamer de nouvelles aujourd’hui ?
6.-Les médias n’informent pas sur toutes ces choses-là comme il se doit, ni même nombre de partis politiques en Espagne. Nous avons un exemple du niveau de manipulation qui peut être atteint avec la photo utilisée par un organe de presse supposé sérieux comme l’est « Europa Pres » pour publier la soi-disant grande manifestation de soutien à Guaidó du 23 janvier 2019 avec une photo datant du 7 septembre 2016.
En conclusion,
  • nous qualifions de coup d’État en vue d’une intervention militaire étrangère, promu par le Gouvernement des EU, tout appui au député Juan Guaidó, qu’il émane de Trump, Bolsonaro ou même de l’UE ;
  • nous reconnaissons, avec le Conseil de Sécurité de l’ONU que l’unique Président légitime est Nicolás Maduro, qui a remporté les élections présidentielles en bonne et due forme et qu’aucun candidat n’a contesté ;
  • nous condamnons l’interventionnisme international, encouragé par le Président Trump et suivi par plusieurs gouvernements, entre autres celui de l’Espagne, parce que nous connaissons les conséquences d’opérations semblables en Irak, Libye, Afghanistan, Syrie ou Haïti ;
  • nous affirmons que le Venezuela n’est l’arrière-cour d’aucun pays et que l’Espagne n’a pas le droit de s’immiscer dans les affaires d’une nation souveraine et encore moins de donner un ultimatum à un seul pays, alors même qu’il détourne le regard devant tant d’autres qui violent systématiquement les DDHH et avec lesquels il travaille même, et
  • nous croyons que l’unique voie pour une solution au conflit, est celle ayant été initiée par les gouvernements du Mexique et de l’Uruguay, d’ailleurs assez passées sous silence – en accord avec ce qu’a déclaré le grand théologien brésilien Leonardo Boff, demandant une réflexion en faveur de la paix pour mettre fin à la tentative de coup d’Etat, et, récemment, par le Pape François en personne qui parlent d’éviter – à tout prix – une guerre civile plus que probable qui engendrerait seulement plus de souffrance pour le peuple vénézuélien et qu’il faudrait mener de pair la médiation, le dialogue, la sécurité et la souveraineté.
 
Luís Ángel Aguilar / Javier Domínguez
Javier Domínguez du Comité Oscar Romero de Madrid et de Luis Ángel Aguilar, de la Communauté Chrétienne Populaire « L’olivier » de l’Albacète.
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