A chaque menace de guerre, la peau du Venezuela se hérisse, se laisse toucher, sort ses griffes et sa mémoire de peuple mille fois recommencé, jamais tout à fait dans la révolution, jamais tout à fait en dehors d’elle, inapte aux violences calculées par les psychologues. A l’autre bout, dans les quartiers riches, le seixième siècle s’abîme dans Discovery Channel. La minorité coloniale qui sert de “peuple vénézuélien” aux médias occidentaux, se retrouve plus seule que jamais, hors-sol, rivée au WhatsApp qui promet la délivrance par les marines et le bombardement des quartiers populaires où grouillent les chavistes. Il est facile de comprendre d’où viennent les projets qui s’affrontent ici, et pas seulement depuis vingt ans. Le plus haut niveau de l’Histoire des vénézuéliens est un geste de libération : ce fut pour libérer d’autres peuples qu’en 1819, Bolivar et son armée populaire traversèrent les Andes. Thierry Deronne, Caracas 14 mars 2019.
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