Qu’est-ce qu’une crise humanitaire ? Il s’agit d’une situation d’urgence « dans laquelle il existe une menace exceptionnelle et généralisée pour la vie, la santé ou les moyens de subsistance ».
La crise humanitaire est généralement déclenchée par l’apparition de deux phénomènes :
– une catastrophe naturelle
– un conflit armé
La combinaison de ces phénomènes et des problèmes préexistants dans des situations de
– Pauvreté et inégalités sociales
– Mauvaise gouvernance et fragilité des États
– Insécurité alimentaire
– Violations des droits de l’homme,
qui entraînent des déplacements forcés d’êtres humains, des maladies et une crise alimentaire.
Pour autant, le déplacement forcé, les maladies et la crise alimentaire peuvent être considérés comme crise humanitaire s’ils se produisent simultanément à ces phénomènes (catastrophe naturelle ou conflit armé) et dans le contexte complexe décrit ci-dessus.
Il existe une variante de la crise humanitaire appelée « urgence politique complexe ». C’est la forme que de nombreuses crises humanitaires ont pris après la fin de la guerre froide. Selon l’École de la paix de l’Université autonome de Barcelone (UAB), les urgences politiques complexes « diffèrent des crises en ce qu’elles sont plus longues dans le temps, ont une origine fondamentalement politique et ont un impact destructeur et déstructurant significatif sur tous les domaines de la vie ».
Quelles agences des Nations Unies (ONU) s’occupent d’une crise humanitaire?
L’ONU dispose d’un Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (BCAH), qui rend compte au Secrétariat de l’ONU et est chargé de coordonner les interventions d’urgence. De son côté, le BCAH gère le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) pour venir en aide aux personnes touchées par des situations d’urgence résultant de crises humanitaires. Elle reçoit des dons volontaires.
En plus de ces organismes, quatre autres fournissent de l’aide humanitaire :
– Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
– Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)
– Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)
– Le Programme alimentaire mondial (PAM).
La doctrine de la responsabilité de protéger (R2P) pour justifier l’interventionnisme
La doctrine de la responsabilité de protéger, aussi appelée R2P, a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2005 après plusieurs guerres traumatisantes (Bosnie, Kosovo, Rwanda). Il s’agit du droit qu’a la communauté internationale d’intervenir dans les affaires de tiers lorsque l’intégrité de certaines populations est en danger en raison du risque de génocide, de crimes de guerre, de nettoyage ethnique ou de crimes contre l’humanité. L’intervention prend généralement la forme de mesures draconiennes (y compris des interventions militaires), justifiées par le souci de prévenir de nouvelles souffrances pour la population.
Selon certains spécialistes, la base juridique du recours à la force dans le cadre d’une intervention humanitaire exige :
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Qu’il existe des preuves convaincantes, acceptées par l’ensemble de la communauté internationale, de l’existence d’une crise humanitaire dévastatrice, à grande échelle, qui rend indispensable une intervention immédiate et urgente ;
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Qu’il soit objectivement clair qu’il n’existe pas d’alternative viable au recours à la force pour sauver des vies ;
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Que le recours à la force soit nécessaire et proportionnel à l’objectif d’alléger les souffrances humanitaires, tout comme il doit être strictement limité dans le temps minimum nécessaire à la réalisation de cet objectif.

