En attendant l’invasion

A gauche, c’est Fabiana Rosales, épouse de Juan Guaidó. Celui de droite on sait tous de qui il s’agit… sa dernière apparition publique a été aux côtés du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, pour signer, entre autres, une reconnaissance du plateau du Golan comme partie d’Israël, un territoire syrien qu’Israël a volé pendant la guerre de 1967. Un très large soutien symbolique, précédé par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la rupture du pacte avec l’Iran la relation États-unis & Israël est un cas d’étude.
Ce même Trump, qui a mis dans son administration un groupe de néoconservateurs comme John Bolton et Elliot Abrams qui fait partie du lobby israélien aux Etats-Unis continue son discours offensif final contre le Venezuela. Et il fait ce qu’il sait faire : politique par photo interposé, les symboles, les impacts, les négociations pour le voyou-millionaire.
Le fait est qu’au Venezuela, il n’a pas eu les résultats escomptés. De plus, je dirais qu’ils sont à court d’idées et que les chiffres ne sont toujours pas en leur faveur. Aujourd’hui, par exemple, pendant la prise de cette photo, des nouvelles sont arrivées d’Allemagne selon lesquelles l’envoyé de Guaidó ne se verra pas accorder le statut d’ambassadeur. Un coup dur, auquel s’ajoutent les déclarations de la Chine et de la Russie en faveur du gouvernement de Maduro et du respect de l’autodétermination. Le monde n’est plus le monde dominé par le Reagan/Bush, il semble qu’il n’ait pas assimilé cette variable, ou juste oui, et c’est pourquoi ils ont des mouvements désespérés.
Quant à la situation à l’intérieur du Venezuela, la situation devient de plus en plus préoccupante pour Juan Guaidó : aujourd’hui, il a lancé un appel à  manifester ce samedi, et à une « première simulation de l’opération liberté » le 6 avril. Les critiques de son propre camp se multiplient, il est exposé à un échec annoncé, à l’erreur  encore une fois  de promettre ce qu’il ne pouvait faire. Déjà beaucoup sont convaincus qu’il ne reste que l’intervention étasunienne que Guaidó lui-même et l’Assemblée nationale devraient demander de fait.
Le fait est qu’il ne le fera pas tant qu’ils ne le lui diront pas  imaginez l’échec s’il demande et puis qu’ils lui disent que non… et il ne semble pas que les États-Unis soient prêts à entreprendre une action militaire organique, c’est-à-dire, reconnue et annoncée comme telle. Bien qu’il n’y ait certainement rien en ce moment, et l’escalade diplomatique contre la Russie en ce qui concerne le Venezuela peut prendre des évolutions dangereuses.
Pendant ce temps, à Caracas, l’électricité est stable, la ville ressemble à des vacances, et on y boit des coups.
Marco Teruggi / traduction : Venesol